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Historique


Un modeste village sur le grand chemin de Paris à Rouen
Au XIIIème siècle, Fleury comptait 57 paroissiens. L'importance du village n'a guère varié jusqu'en 1806; le cahier de doléances de la paroisse, en 1789, lui attribuait 47 feux et le premier recensement 160 habitants. La plupart étaient des journaliers, paysans sans terre ou parcellaires, qui possédaient quelques têtes de bétail en complément de ressources. Ils avaient la jouissance en commun d'un pâturage situé au Petit Hom. Le pâtre, désigné par le conseil paroissial, rassemblait chaque jour les bêtes et menait le troupeau sur les communaux. A plusieurs reprises, de 1416 à 1788, les habitants durent défendre, avec succès, auprès du parlement de Rouen, leurs droits menacés par les seigneurs de Noyon ou Charleval.
Le grand chemin de Paris à Rouen, qui traversait le village, avait favorisé l'implantation de plusieurs hôtelleries ; l'une d'elles, à l'enseigne du Bras d'or, fut détruite par un violent incendie qui a dévasté le village en 1689. Le trafic de voyageurs et de rouliers justifiait la présence quotidienne d'une centaine de chevaux sur le territoire de Fleury, ce qui occupait des artisans spécialisés: charrons, bourreliers, forgerons.
Entre le pont et l'ancienne église Saint Ouen, le marquis de Radepont, patron de la paroisse, possédait le moulin à blé qu'il avait pourvu de deux roues hydrauliques un peu avant la Révolution. La ferme de Fleury lui appartenait aussi et son fermier, à la fois laboureur et aubergiste, percevait également les droits seigneuriaux.


Sous la Révolution, le vieux curé, Jacques Auber, est mort juste avant l'application de la constitution civile du clergé. Son vicaire Charles Leray a prêté le serment constitutionnel mais il s'est rétracté en mars 1792 et fut démis de ses fonctions. Pendant huit mois les habitants de Fleury n'eurent pas de pasteur, jusqu'à la nomination de l'abbé Pierre Lamare qui, l'année suivante, a renoncé à la prêtrise et l'église fut fermée.
Un rapide essor industriel
L'année 1820 marque le début d'un développement qui a transformé le village en un gros bourg, portant en 30 ans la population de moins de 200 à plus de 1500 habitants. Cette année-là, Pierre Denis Pinel achète le moulin du marquis qu'il utilise pour moudre du bois de teinture et y ajoute une filature mécanique. En aval de la rivière, Lecouturier de Courcy, acquéreur de la ferme de Fleury, prévoit d'y construire trois usines à usage de filature de coton. Sur le ruisseau d'Orléans, Joseph Morel installe un moulin à battre les indiennes. Ces initiatives connaissent d'abord quelques déboires: un incendie détruit l'établissement de Pinel, Lecouturier manque de hauteur d'eau pour réaliser la totalité de son projet, la roue de la fabrique d'indiennes fait refluer l'eau sur le chemin des pâtis et elle doit être fermée.
Enfin trois sites industriels s'affirment : -1° Jean Jeanne Bourdel reconstruit la filature de Pinel incendiée et la revend en 1832 à Claude Villeneuve. -2° Lecouturier de Courcy, qui n'a réussi à créer qu'une seule filature dans la cour de la ferme, en 1831, cède ses biens à Etienne Victor Sautelet, riche négociant rouennais. C'est lui qui met bientôt en service la filature « des Jumelles ». -3° Ce même Sautelet crée le site de Saint Victor où, le 18 mars 1841, un établissement textile neuf s'ouvre sous la direction de Louis Palier qui bientôt s'associe à Augustin Thomas Pouyer-Quertier.
En 1831, le Petit Nojon, hameau de Charleval, est rattaché à Fleury à la demande de ses habitants, et, en octobre 1834, le transfert de la justice de paix, au détriment d'Ecouis, fait de Fleury le chef-lieu du canton. La commune se dote alors de services dignes de son rang: réverbères, enlèvement des boues et, en 1843, établissement d'un marché tous les mardis. L'année suivante, une église construite en brique, de style néogothique, sur un site différent, remplace l'ancienne louée à usage de grange depuis la Révolution. Enfin en 1853 et 1854, sont adjugés les travaux pour la construction de la mairie et d'une école.
Jean-Baptiste Lecerf, maire de 1806 à 1846, a présidé à ces changements. Après sa mort, le préfet tarde à lui choisir un successeur, à cause de l'attitude du conseil municipal hostile au roi Louis-Philippe. Il se décide enfin à nommer Adolphe Peynaud. Sur le refus du conseil de collaborer avec ce maire dont l'opinion orléaniste était connue, le préfet prononce la dissolution mais les élections suivantes renforcent l'opposition. Les querelles au sein du conseil persistent jusqu'à la nomination en 1854 d'un maire au destin prestigieux en la personne du manufacturier Augustin Thomas Pouyer-Quertier. Il a rempli cette fonction jusqu'à sa mort en 1891.


Quelques atouts mais une croissance stoppée


Député au Corps Législatif sous l'Empire, Pouyer-Quertier s'oppose vivement à la politique libre-échangiste qu'il juge responsable de la crise du textile de 1862. Les ouvrières du tissage voient leurs conditions de travail empirer et, en juin 1863, elles se mettent en grève, soutenues par la population qui envoie une pétition au ministre de la justice. La construction de la ligne de chemin de fer Pont de l'Arche-Gisors procurerait du travail aux chômeurs mais le gouvernement tarde à apporter son concours financier et la ligne ne fut livrée à la circulation que le 28 décembre 1868, trop peu de temps avant la guerre de 1870 pour avoir un effet bénéfique sur la vie économique locale.
Tandis que les Prussiens investissent Paris, Fleury abrite l'état-major d'une petite armée dont l'action principale fut une marche en avant pour tenter de libérer Gisors. A cette occasion, un fleurysien, Félix Lecouturier, s'engage comme guide mais quelques jours plus tard, l'ennemi occupe la région et incendie, par vengeance, la maison de ce héros.
Les trois usines textiles se relèvent rapidement après la guerre de 1870. Ces établissements continuent à employer la force hydraulique mais l'utilisation des machines à vapeur se propage. Le charbon arrive en gare par rame entière et les wagons sont directement déchargés dans les banaux des transporteurs qui le livrent aux usines. Le gaz d'éclairage apparaît en 1881 ; l'unité de production se situait sur Charleval et le gazomètre sur Fleury.
De 1850 à 1900, la population se maintient aux alentours de 1400 habitants. Les ouvriers d'usine constituent le groupe social dominant et leur rythme de travail imprime une empreinte déterminante à la vie locale. A l'occasion du centenaire de la Révolution, les citoyens de Fleury ont érigé une statue à la République. Cet attachement s'est toujours exprimé lors des élections législatives par un vote en faveur du candidat républicain, bien que le maire Pouyer-Quertier fût conservateur.


Robert Taupin

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